Ethico-végano-ecolo-bio-localo-durable

Si un extraterrestre ne connaissait la terre qu’à travers nos publicités, il penserait probablement qu’aujourd’hui, tout est éthique, écologique, local, bio. Même les grandes multinationales vendent désormais des produits qui répondent à ce besoin de consommer autrement. En surface, il semble impossible de consommer sans respecter l’environnement et les gens. En mode plus particulièrement, il est bien loin le temps des fourrures et peaux de reptiles. Ce qui semblait naturel il y a à peine quelques années nous paraît aujourd’hui barbare et totalement inutile.

Oui mais…

Oui mais attention à ne pas tout confondre. S’il est facile de se donner bonne conscience en consommant des produits dont le marketing nous dit qu’ils respectent tout, si on gratte un peu, on s’aperçoit vite que nombre d’entre eux ne font que surfer sur une vague au lieu de s’attabler au vrai problème.

Le cas “Conscious”

C’est par exemple le cas d’H&M qui, en 2011, lance sa ligne « conscious ». Avec des imprimés « nature », des couleurs neutres et désaturées et ses décors de shootings épurés, cette collection a tout de l’esthétique éthique. La marque se vante de réaliser ses modèles en coton bio et de susciter des changements dès le début de la chaîne de production (en poussant notamment 68.000 cultivateurs de coton à travailler de manière plus durable).

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On pourra toujours se dire que « c’est mieux d’acheter H&M conscious qu’H&M tout court » mais dans les faits, cela ne fait pas une grande différence : votre argent va au même endroit, et le prix plus élevé de votre vêtement « conscious » est proportionnel au bénéfice engrangé par les actionnaires de la marque. Le simple fait de lancer une ligne « conscious » au sein de sa propre marque est un aveu de faiblesse à ce niveau-là, en ce qui concerne les autres collections du groupe.

Bien entendu, ces critiques ne concernent pas uniquement les grands groupes. Toute marque, à petite ou grande échelle, profitera rapidement de l’amalgame qui est fait entre bio, sain, écologique, naturel, éthique, vegan…

Petite leçon de vocabulaire…

Il apparaît assez naturel pour notre cerveau d’associer et de mélanger ces termes : ils font partie d’un même champ lexical, celui de notre consommation.

Et pourtant, on peut être bio sans être vegan, éthique sans être écologique ou encore naturel sans être sain. Il est d’ailleurs très difficile et contraignant d’être tout à la fois, et rares sont les consommateurs qui y parviennent.

Une paire de chaussures en simili cuir réalisée dans votre pays sera peut-être végane et locale mais certainement pas écologique, puisque faite de plastique.

 

Vos avocats sont sûrement très sains voire bio mais ils posent de grandes questions éthiques, quand on sait que les populations qui les cueillent n’en voient jamais la couleur.

Dans l’industrie textile, on essaie toujours de favoriser les fibres naturelles, plus respirantes et confortables. Pourtant, certains vêtements en fibres synthétiques seront probablement plus écologiques (voire plus éthiques) que d’autres réalisés dans un coton non bio : les pesticides utilisés sur les cultures de coton sont l’un des plus grands désastres écologiques de notre temps.

Mais alors, comment faire?

Puisqu’il peut s’avérer très difficile, même pour des experts en la matière, de prendre des décisions en matière de consommation, je vous propose quelques petits conseils pour vous y retrouver plus facilement.

Tout d’abord, on a la fameuse « buyerarchy of needs » une pyramide qui vous incite à chercher toutes les solutions possibles avant de vous résoudre à acheter. Rien ne sert de se mettre au zéro-déchets en achetant une dizaine de bocaux : vous en avez sûrement quelques-uns qui traînent !

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Ensuite, apprenez à consommer moins : faire une razzia dans un magasin de seconde main n’est pas forcément très écologique, puisque ce principe se base avant tout sur la surconsommation des autres. Prenez le temps d’essayer, de comparer, de vous demander si vous en avez vraiment envie : l’achat n’en sera que plus satisfaisant !

Les Labels

De plus, sachez qu’il existe des labels indépendants qui, s’ils sont à prendre avec précautions, permettent au moins de s’accorder sur un respect minimum des conditions de travail ou encore de l’environnement. Les deux plus connus sont Oeko-Tex et GOTS.

Tricksters, bien qu’éthique, n’est pourtant pas labellisé… En effet, les labels ont un certain coût, difficilement supportable à petite échelle. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à creuser : les tissus et les tirettes sont certifiés Oeko-Tex, la production est effectuée dans un atelier protégé, soumis à la réglementation belge du travail et les doublures sont réalisées à partir de tissus de seconde main (partenariat avec les centres de tri Terre).

Pas de nouvelles, mauvaises nouvelles

Enfin, gardez toujours à l’esprit que l’éthique est vendeur : une marque qui agit dans ce sens ne peut pas ne pas communiquer dessus. Et donc, à l’inverse, si vous ne trouvez aucune information sur les éventuelles actions respectueuses d’une marque, c’est probablement qu’elle n’en fait pas. Ne vous laissez pas avoir par des couleurs naturelles et des photos en pleine nature, intéressez-vous plutôt aux emballages, à ce qu’il advient des invendus ou encore, de manière plus générale, à la transparence de la marque en ce qui concerne ses fournisseurs et ses ateliers de production.

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C’est ainsi qu’un t-shirt en apparence minimaliste et activiste représente en réalité tout l’inverse !

 

Cette semaine, c’est l’occasion de se poser les bonnes questions : il y a 5 ans, l’usine de production de vêtements Rana Plaza s’est effondrée, provoquant la mort de plus de 1000 travailleurs au Bangladesh. Depuis, chaque année, des centaines de marques, blogueurs, journalistes et consommateurs luttent contre les mauvaises conditions de travail en posant la question cruciale : « Who made my clothes ? » Vous aussi, participez à ce mouvement en interpellant vos marques préférées.

Et chez Tricksters, who made my clothes ?

Les employés de l’entreprise de travail adapté APAC (Manage, Belgique) travaillent d’arrache-pied pour réaliser les vêtements Tricksters ! Un tout grand merci à la cheffe d’atelier Brigitte, sa seconde Elisabeth ainsi que Saïda, la couturière qui maîtrise le mieux les idées folles de la marque !

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